RÉCITS

 

Les courts récits que nous publions sont des textes de fiction écrits surtout par des auteurs de la région du Grand Est. L’idée qui les rassemble est celle de « ce temps qui ne passe pas », d’un temps « rêvé » qui nous projette autant dans le futur qu’il nous fait retourner au passé. La tentation du voyage dans le temps n’a pas nécessairement de relation avec une quête des origines, c’est toujours au temps présent qu’on s’interroge sur ce qui s’est passé avant. La mémoire se construit, s’entretient en raison inverse du temps linéaire, car nous vivons le passé et le présent selon leurs effets de simultanéité.

 

 

 

PORTRAITS ETHOGRAPHIQUES

 

Qu’est-ce qui fait « personnage » ? Si la vie est sociale est un théâtre, certaines personnes se font remarquer plus que d’autres par leur allure, en somme par « leur style ». À la campagne, on ne choisit pas d’être un personnage ou de se faire passer pour tel, ce sont les autres qui attribuent une semblable reconnaissance à quelqu’un « qui n’est pas comme eux ». Les livres que nous publions rassemblent des « personnages légendaires » avec des « personnages encore vivants » qui, à leur propre insu, fabriquent « de la légende ».   

 

 

 

LIEUX ET PAYSAGES

 

Avant d’être un spectacle conscient tout paysage est une expérience onirique. Chaque livre est conçu en suivant des « glissements analogiques ». « L’enfouissement » peut être considéré du point de vue d’un dépôt de déchets nucléaires, mais aussi de celui des archives difficiles à trouver, de celui des morts dans les cimetières… L’enjeu est de dévoiler des liaisons symboliques qui animent inconsciemment nos modes de perception. Autour de la « diagonale du vide », l’impression de désertification viendrait de nos manières d’appréhender un territoire. Elle n’entre pas dans la seule logique des mesures de la densité de population. La perception d’un « vide territorial » n’engendre pas une vision de déclin, elle est susceptible de faire naître des « particularités culturelles » et de promouvoir d’autres modes de vie. Nos représentations habituelles sont souvent prisonnières de stéréotypes, l’écriture permet au contraire de révéler comment nos perceptions d’un territoire se dérobent aux modèles trop conventionnels des analogies toutes faites entre le vide et le déclin, entre la désertification et la morbidité… C’est dans un « trou perdu du monde » que le monde se vit comme un « ailleurs absolu ». Les représentations du territoire, en deçà des découpages opérés par sa gestion contemporaine, tirent leur puissance à créer du paysage de l’aventure de nos retours de mémoire. Il n’y aurait pas de configuration possible du paysage sans la traversée fictionnelle de nos mémoires. Il ne s’agit pas seulement du souvenir, mais du pouvoir d’imagination que la mémoire exercerait dans l’invention du paysage.  

 

 

 

REGARDS SUR LE TERRITOIRE

 

Avec les délires de la restauration patrimoniale, les ruines sont-elles devenues des symboles du déclin, de l’abandon d’un territoire ? On dit que le chat marque son territoire avec l’odeur qu’il sécrète. Les humains établissent des limites en opérant une découpe géométrique de l’espace. Les paysans se représentent leur propriété en nombre d’hectares et les fils barbelés découpent le paysage qui lui n’appartient à personne. Le bornage des « étendues de terre » semble faire exister la configuration des territoires. De même l’activité des institutions s’applique dans le cadre de réseaux territoriaux qui circonscrivent l’exercice de leurs compétences. Le mot « territoire » désigne une partie pour le moins abstraite de l’espace qui, comme le temps, n’est qu’un récipient vide et sans contour. C’est de manière conventionnelle que la notion de territoire permet de se représenter ce qu’est l’espace. Le découpage géométrique ne répond-il qu’à la finalité d’une appréhension pour le moins fictionnelle de la gestion territoriale ? L’éventualité de la suppression des limites départementales en serait bien la preuve…

 

 

 

ANTHROPOLOGIE CRITIQUE

 

Peut-on encore pratiquer l’anthropologie ? Les ethnologues qui ont étudié les territoires régionaux au temps des grandes mutations de l’industrie ont fini par promouvoir, il y a plus d’un demi-siècle, la création des écomusées. Aujourd’hui l’approche anthropologique des modes de vie ne devient-elle pas de plus en plus incontournable ? Comment une « situation vécue » peut-elle s’inscrire dans une construction théorique, anthropologique ou sociologique, sans être réduite à un fragment narratif assigné à jouer un rôle d’exemple particulier ?

 

CATALOGUE

Dans l’esprit réactualisé du siècle des Lumières, les éditions Châtelet-Voltaire ont publié des textes courts, des pamphlets, des libelles, des chroniques et des poésies. Notre souhait est de promouvoir, grâce à des écrits ponctuels et brefs, une offensive des regards et des idées sur le monde. Le livre régional contemporain semble servir à la seule défense des identités territoriales. Il est plus intéressant de traiter la relation si conflictuelle entre le localisme et le globalisme en cherchant à tirer profit des tensions qu’elle provoque. Les cinq rubriques de notre catalogue sont : 

 
 
 
 
 

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